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Halakha de la semaine

Roch Hachana — Se préparer à la fête et accomplir le Séder

Les Halakhot essentielles de la veille et des deux soirs de Roch Hachana

Eloul et Yamim Noraïm

Roch Hachana n'est pas seulement le début d'une nouvelle année. C'est le jour où chacun passe devant Hachem pour être jugé, et c'est aussi un jour de confiance dans Sa miséricorde.

La préparation commence donc dès la veille, par la Téchouva, la prière et plusieurs minhaguim qui nous font entrer dans ce grand jour.

Cette année 5787, Roch Hachana commence vendredi soir : le premier jour tombe Chabbat et le deuxième soir commence Motsaé Chabbat. Quelques Halakhot du Kiddouch et de la prière demandent de ce fait une attention particulière.

  1. La veille de Roch Hachana

    Erev Roch Hachana, le 29 Eloul, on récite les Séli'hot et l'on procède à la Hatarat Nedarim, l'annulation des vœux. Lorsque cela est possible, on la fera devant des personnes qui connaissent les lois des vœux.

    À Cha'harit, on ne dit pas les Ta'hanounim, comme aux autres veilles de Yom Tov.

    Il existe un ancien minhag de jeûner ce jour-là. Ce jeûne n'est pas une obligation halakhique : celui qui ne l'a pas reçu de ses pères n'a pas à le commencer.

    En revanche, celui qui a pris l'habitude de jeûner Erev Roch Hachana plusieurs années de suite sans avoir dit « bli neder » se renseignera avant d'y renoncer définitivement : une Hatarat Nedarim peut être nécessaire.

  2. Cette année, le premier jour tombe Chabbat

    Cette année 5787, le premier soir de Roch Hachana est vendredi soir. Le premier jour tombe donc Chabbat, et le deuxième soir commence Motsaé Chabbat.

    On sera particulièrement attentif aux ajouts de Chabbat, dans la prière comme dans le Kiddouch du vendredi soir.

    Cette particularité touche aussi la mitsva du Chofar : on ne sonne pas du Chofar le Chabbat. Les lois du Chofar feront l'objet de la fiche de la semaine prochaine.

  3. Le Kiddouch du premier soir

    Après Arvit, on rentre à la maison et l'on récite le Kiddouch de Roch Hachana dans la version prévue lorsque Yom Tov tombe le soir de Chabbat : celle qui mentionne à la fois Chabbat et Yom Hazikaron, comme il est imprimé dans le Ma'hzor.

    On récite ensuite שהחיינו וקיימנו והגיענו לזמן הזה — Chéhé'héyanou vékiyémanou véhiguiyanou lazeman hazé.

  4. Le Séder de Roch Hachana

    Nos 'Hakhamim enseignent que les simanim ont leur importance. Nous avons donc coutume, aux repas de Roch Hachana, de consommer des aliments dont le nom ou la nature évoquent ce que nous demandons pour l'année qui s'ouvre.

    Dans le minhag marocain que nous suivons ici, le Séder se fait après le pain : Kiddouch, puis Netilat Yadayim et Hamotsi, et l'on procède ensuite aux simanim.

    Parmi les simanim rapportés dans les sources, on retrouve la datte — Tamar, תמר —, les graines de sésame — Roubia, רוביא, selon notre usage marocain —, la courge ou le potiron — Kara, קרא —, le poireau — Karti, כרתי —, la blette — Silka, סילקא —, la grenade — Rimon, רימון —, la pomme trempée dans le miel — Tapoua'h, תפוח —, ainsi que le poisson — Dag, דג — et la tête de mouton — Roch Kevech, ראש כבש — selon les minhaguim.

    Ces noms varient d'une communauté à l'autre : la Roubia est le sésame dans notre usage, tandis que d'autres communautés y voient les haricots ; la Silka est la blette, que certains identifient à la betterave. Chacun suivra ce qu'il a reçu.

    On distinguera toujours ce qui relève de la Halakha et de l'ordre des berakhot de ce qui relève des minhaguim de chaque famille et de chaque communauté.

    Le Séder se fait les deux soirs de Roch Hachana.

  5. Les berakhot du Séder

    Le pain ayant déjà été mangé, les fruits du Séder n'en sont pas pour autant dispensés de leur berakha : un fruit consommé au cours du repas ne fait pas partie du repas lui-même.

    On commence donc par la datte — Tamar — sur laquelle on récite בורא פרי העץ, Boré Peri Ha'ets. Le Yalkout Yossef rappelle que la datte fait partie des Sept Espèces et a de ce fait la priorité. On aura à l'esprit d'acquitter par cette berakha les autres fruits du Séder qui relèvent de Ha'ets, comme la grenade et la pomme.

    Sur le premier aliment du Séder qui relève de בורא פרי האדמה, Boré Peri HaAdama — les graines de sésame de la Roubia, par exemple —, on récite cette berakha en ayant l'intention d'acquitter les autres aliments du Séder de la même catégorie.

    Une précision, puisque le Séder se fait ici après le pain : les légumes cuits que l'on sert comme plats du repas sont, selon le 'Hazon Ovadia, couverts par le Hamotsi et ne reçoivent pas de berakha propre. Chacun suivra sur ce point l'usage reçu dans sa famille.

  6. Les principaux Yehi Ratson

    Sur la datte — Tamar —, nous demandons que disparaissent nos ennemis et ceux qui nous veulent du mal.

    Sur la Roubia — les graines de sésame —, que nos mérites se multiplient, à leur image.

    Sur le Kara — la courge ou le potiron —, que soit déchiré le mauvais décret et que nos mérites soient proclamés devant Hachem.

    Sur le Karti — le poireau —, que soient retranchés nos ennemis.

    Sur la Silka — la blette —, que s'éloignent de nous ceux qui nous veulent du mal.

    Sur le Rimon — la grenade — : שנהיה מלאים מצוות כרימון — que nous soyons remplis de mitsvot comme la grenade.

    Sur le Tapoua'h — la pomme trempée dans le miel — : שתתחדש עלינו שנה טובה ומתוקה — que se renouvelle pour nous une année bonne et douce.

  7. La tête et les autres usages

    Le Yalkout Yossef rapporte l'usage de prendre une tête de mouton — Roch Kevech, ראש כבש — et de demander שנהיה לראש ולא לזנב — « que nous soyons à la tête et non à la queue ». La tête rappelle également le bélier de la Akéda de Yits'hak Avinou.

    Lorsqu'on ne dispose pas d'une tête de mouton conforme au minhag de la famille, d'autres usages existent selon les communautés ; certaines traditions marocaines rapportent l'emploi d'une tête de poisson — Dag, דג. Il s'agit d'un minhag, non d'une obligation.

  8. Le deuxième soir, Motsaé Chabbat

    Le deuxième soir de Roch Hachana commence cette année Motsaé Chabbat.

    À Arvit, on ajoute ותודיענו — Vatodiénou — dans la Amida, selon le texte du Ma'hzor.

    Le Kiddouch du deuxième soir comprend aussi la Havdala. L'ordre est celui que l'on appelle Yaknehaz : יין ־ קידוש ־ נר ־ הבדלה ־ זמן — le vin, le Kiddouch, la bougie, la Havdala, puis Chéhé'héyanou.

  9. Chéhé'héyanou le deuxième soir

    Selon Maran, et tel qu'est le minhag séfarade rapporté par le Yalkout Yossef, on récite Chéhé'héyanou au Kiddouch du deuxième soir de Roch Hachana. Cela reste vrai même si l'on n'a pas de fruit nouveau.

    Lorsqu'on peut avoir un fruit nouveau, ou porter un vêtement neuf, et y penser en récitant Chéhé'héyanou, c'est une bonne chose. Mais son absence n'empêche pas de le réciter.

    Le Séder et les simanim se font également ce soir-là.

Sources

  • Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim, Siman 581 — la veille de Roch Hachana
  • Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim, Siman 583 — les simanim du Séder et la tête
  • Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim, Siman 600 §2 — Chéhé'héyanou du deuxième soir, même sans fruit nouveau
  • Yalkout Yossef, Hilkhot Roch Hachana (simanim 581, 583 et 600) — Rav Yits'hak Yossef
  • 'Hazon Ovadia — Yamim Noraïm, Maran Rav Ovadia Yossef, notamment pour les berakhot des simanim consommés au cours du repas
  • Minhaguim du Maroc : Netivot HaMa'arav (Rav Eliyahou Biton), Nahagou Ha'am (Rav David Ovadia), Ateret Avot
  • Recueils de minhaguim du Tafilalet et de Sijilmassa, pour les usages propres à ces communautés

Ces fiches présentent les règles générales. Pour toute situation personnelle ou particulière, il convient de consulter une autorité rabbinique compétente.