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Halakha de la semaine

Souccot et les Quatre Espèces — Les Halakhot essentielles

La Soucca, les repas, le sommeil, les quatre espèces, leur berakha et les principaux minhaguim de la fête

Fêtes et Yamim Tovim

Souccot nous invite à quitter, pendant sept jours, le confort de notre maison pour placer notre confiance sous la protection d'Hachem.

Le Choul'han Aroukh ouvre les lois de la fête par le verset lui-même et par sa raison : « Car J'ai fait résider les enfants d'Israël dans des Souccot » — ce sont les Nuées de Gloire dont Hachem les entoura pour que ni la chaleur ni le soleil ne les frappent.

La fête est également marquée par la mitsva des Quatre Espèces, que nous prenons avec joie devant Hachem.

Cette année 5787, Souccot commence le vendredi soir 25 septembre 2026, et le premier jour tombe Chabbat — ce qui change la prise du Loulav, comme on le verra.

  1. Habiter dans la Soucca

    בַּסֻּכֹּת תֵּשְׁבוּ שִׁבְעַת יָמִים — « Vous résiderez dans les Souccot pendant sept jours. »

    La Soucca n'est pas seulement l'endroit où l'on vient prendre ses repas. Le Choul'han Aroukh décrit la mitsva sans ambiguïté : on y mange, on y boit, on y dort, on s'y promène et on y réside les sept jours, de jour comme de nuit, de la même manière qu'on réside chez soi le reste de l'année.

    Et il ajoute la formule qui commande tout le reste : pendant ces sept jours, l'homme fait de sa maison son installation provisoire et de sa Soucca son installation permanente. C'est le principe de תֵּשְׁבוּ כְּעֵין תָּדוּרוּ — Téchvou ké'ein tadourou : y résider comme on réside chez soi.

    Cela se voit dans les détails. La belle vaisselle et les beaux tissus sont dans la Soucca ; les verres et les carafes aussi. En revanche, les plats et marmites, une fois le repas fini, sortent de la Soucca : on ne les laisse pas traîner là où l'on habite. Le Rema ajoute qu'on n'y fera aucun usage méprisable, afin que les mitsvot ne soient pas déconsidérées.

    On veillera donc à ce que la Soucca reste propre et digne. C'est notre maison de la semaine.

  2. Le premier soir : le kazayit, la berakha, et s'il pleut

    Le premier soir possède un statut particulier. Manger dans la Soucca y est une obligation, et non un choix : celui qui a mangé un כְּזַיִת de pain — un kazayit, le volume d'une olive — s'est acquitté de cette obligation. Le Choul'han Aroukh compare expressément cette nuit à celle de la matsa à Pessa'h.

    À partir du lendemain, l'obligation change de nature : il n'y a plus d'obligation de manger du pain, mais si l'on prend un repas qui demande la Soucca, c'est dans la Soucca qu'il se prend.

    La berakha :

    בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ לֵישֵׁב בַּסֻּכָּה

    Baroukh Ata Hachem Elo-hénou Mélekh Haolam, acher kidechanou bemitsvotav vetsivanou léchèv baSoucca.

    S'il pleut le premier soir. Une personne réellement incommodée par la pluie — מִצְטַעֵר, mitsta'er — est dispensée de la Soucca, et cette dispense vaut aussi le premier soir : c'est la décision retenue par nos maîtres séfarades. On ne mange donc pas sous l'averse.

    Mais l'obligation du premier soir ne disparaît pas pour autant, et c'est le point que l'on oublie : selon le Rav Ovadia Yossef, dès que la pluie cesse, il faut revenir dans la Soucca et y manger un kazayit de pain. Pour les autres jours de la fête, en revanche, si la pluie s'arrête au milieu du repas commencé à la maison, on n'est pas tenu de retourner le terminer dans la Soucca — celui qui le fait par surcroît de zèle en est béni.

    Une précision importante : lorsqu'on est dispensé de la Soucca à cause de la pluie et qu'on choisit malgré tout d'y manger, on ne récite pas לֵישֵׁב בַּסֻּכָּה. Ce serait une berakha prononcée en vain.

    Les usages achkénazes diffèrent sur ce point : le Rema écrit qu'au premier soir on mange un kazayit dans la Soucca même sous la pluie. Chacun suivra la tradition qu'il a reçue.

  3. Quels aliments demandent la Soucca

    Toute nourriture ne rend pas la Soucca obligatoire. La ligne de partage passe par le pain.

    Le Choul'han Aroukh fixe la mesure : on peut manger hors de la Soucca une collation, et la collation, c'est jusqu'à כְּבֵיצָה de pain — un kabétsa, le volume d'un œuf. Au-delà, le repas se prend dans la Soucca et l'on récite לֵישֵׁב בַּסֻּכָּה.

    Le Yalkout Yossef chiffre ce kabétsa à dix-huit dirham, soit environ 54 grammes de pain. Et il donne aussitôt le conseil pratique qui évite les ennuis : ne calculez pas au ras de la limite. Ou bien l'on mange moins de 50 grammes, ou bien l'on en mange environ 60, afin de pouvoir réciter la berakha selon tous les avis.

    Les aliments qui ne créent pas cette obligation, toujours selon le Yalkout Yossef : les fruits, les légumes, le riz, la viande, le poisson, le fromage, les œufs et les autres mets qui ne sont pas faits des cinq céréales — et cela même si l'on en mange beaucoup et que l'on en fait son repas. Le thé, le café, le lait, les jus de fruits n'obligent pas davantage.

    Pour les Mézonot et les plats préparés à partir des cinq céréales, il ne faut surtout pas retenir une règle simpliste du type « Mézonot, donc Soucca et berakha ». Le Choul'han Aroukh conditionne : un plat fait des cinq céréales n'exige la Soucca que si l'on en fait son repas. La règle dépend donc de la nature de l'aliment, de la quantité et du fait que l'on en fasse ou non un véritable repas. En cas de doute sur la berakha, on demandera pour le cas précis.

    Enfin, une règle qu'on ignore souvent : une fois attablé dans la Soucca pour un vrai repas, on ne goûte plus rien au dehors — pas même un verre d'eau. Les boissons et les desserts qui accompagnent ce repas s'y prennent aussi.

    Cela dit, celui qui se montre rigoureux et prend dans la Soucca même ce dont il serait dispensé mérite louange. Il ne récitera simplement pas la berakha dans les cas où il en est dispensé.

  4. Dormir dans la Soucca

    Voici le point le plus négligé de la fête, et il mérite d'être dit nettement.

    Le Yalkout Yossef l'écrit en toutes lettres : dormir dans la Soucca est une obligation pendant les sept jours de la fête, et le sommeil y est plus rigoureux que le repas. On l'a vu, une collation peut se prendre au dehors ; le sommeil, lui, non — pas même une sieste.

    La raison en est donnée par la Guemara : il n'y a pas de « sommeil occasionnel ». Un homme somnole un instant, et c'est déjà son sommeil. On ne peut donc pas dire d'un assoupissement qu'il ne compte pas.

    Concrètement, cela vaut pour la nuit comme pour la sieste de la journée. Un homme tenu à la mitsva ne peut pas considérer que seuls les repas demandent la Soucca.

    Deux précisions du Yalkout Yossef. D'abord, on ne récite aucune berakha sur le fait de dormir dans la Soucca — on craindrait de ne pas s'endormir, et la berakha serait prononcée en vain ; c'est la berakha du repas qui couvre le séjour. Ensuite, on peut dormir seul dans la Soucca la nuit sans craindre : celui qui accomplit une mitsva ne connaît pas de mal.

    Sur ce sujet, le Rema rapporte un usage différent, et il faut savoir qu'il s'agit bien d'un usage achkénaze : il explique la légèreté répandue en son temps par le froid, puis par le fait que la mitsva serait « l'homme et sa maisonnée », de sorte que celui qui ne peut disposer d'une Soucca privée avec son épouse en serait dispensé — tout en ajoutant qu'il est bon d'être rigoureux. Nos maîtres séfarades ne retiennent pas cette dispense, et le Yalkout Yossef maintient l'obligation. On ne se dispensera donc pas de dormir dans la Soucca au motif que peu de gens le font.

  5. Le mitsta'er : ce qui dispense réellement

    מִצְטַעֵר — le mitsta'er, celui qui souffre réellement dans la Soucca, en est dispensé. Encore faut-il savoir ce que ce mot recouvre, car il ne désigne pas le simple inconfort.

    Le Choul'han Aroukh en donne la définition : c'est celui qui ne peut pas dormir dans la Soucca à cause du vent, à cause des mouches, des puces et de ce qui leur ressemble, ou à cause d'une mauvaise odeur. Le froid est reconnu de la même manière.

    Et il pose aussitôt la limite qui empêche d'en abuser : cela ne vaut que si la gêne est survenue par accident, après que la Soucca a été construite là. On n'a pas le droit de l'installer d'emblée dans un endroit malodorant ou exposé au vent, puis de déclarer « je souffre ». Le principe est là : une gêne subie, non une gêne organisée.

    Le deuxième garde-fou est tout aussi clair. Celui dont la Soucca est trop étroite pour s'allonger de tout son long n'est pas un mitsta'er : le Yalkout Yossef tranche qu'il doit y dormir, fût-ce en repliant le corps. Autrement dit, être un peu à l'étroit, un peu moins confortable qu'à la maison, ce n'est pas être dispensé — c'est précisément la fête.

    Un troisième repère, rapporté dans les gloses : on ne peut invoquer la souffrance que pour une chose dont les gens souffrent ordinairement. Le critère n'est donc pas la sensibilité de chacun, mais ce qu'une personne normale supporterait ou non.

    Enfin, une remarque qui remet les choses d'aplomb : celui qui est dispensé de la Soucca et s'y obstine malgré tout ne reçoit pas de récompense pour cela — il agit simplement sans discernement. Et celui qui en sort à cause de la pluie ne sortira pas avec humeur, mais avec humilité.

    Deux questions sortent du cadre d'une fiche générale et se posent à un Rav : les situations de sécurité, et les cas médicaux. On les préparera avant la fête plutôt que de trancher soi-même le soir venu.

  6. Les femmes et la Soucca

    Les femmes sont dispensées de la mitsva de la Soucca. Le Choul'han Aroukh le dit d'un mot : femmes, esclaves et mineurs en sont dispensés — il s'agit d'une mitsva positive liée au temps.

    Elles peuvent naturellement manger et séjourner dans la Soucca, et elles reçoivent une récompense pour la mitsva qu'elles accomplissent ainsi.

    En revanche, selon la règle de Maran, une femme séfarade ne récite pas לֵישֵׁב בַּסֻּכָּה, n'étant pas astreinte à cette mitsva. C'est la règle générale que Maran pose pour les mitsvot positives liées au temps. Le Rema rapporte l'usage contraire, et c'est l'usage achkénaze : les femmes y récitent la berakha. Chacune suivra la tradition de sa communauté.

  7. Les Quatre Espèces

    ארבעת המינים — Arba'at HaMinim, les Quatre Espèces. Le Choul'han Aroukh en donne le compte exact : chacun prend un Loulav, deux Aravot et trois Hadassim — auxquels s'ajoute l'Etrog.

    אֶתְרוֹג — Etrog : le cédrat. Un seul.

    לוּלָב — Loulav : la branche de palmier-dattier. Un seul.

    הֲדַסִּים — Hadassim : les branches de myrte. Trois.

    עֲרָבוֹת — Aravot : les branches de saule. Deux.

    Le Loulav, les Hadassim et les Aravot sont liés ensemble en un seul faisceau — le Choul'han Aroukh précise que c'est une mitsva de les lier, par souci de beauté. L'Etrog, lui, reste séparé et se tient dans l'autre main.

  8. Avant la fête : faire vérifier ses quatre espèces

    Certains défauts rendent l'une des quatre espèces impropre à la mitsva, et beaucoup d'entre eux ne se reconnaissent pas sans une connaissance précise des Halakhot.

    Cela concerne notamment l'état général du Loulav et sa partie supérieure — la tiomet ; la conformité de l'Etrog et l'absence de défaut invalidant ; le fait que l'Etrog ne doit pas être greffé ; enfin l'état et la conformité des Hadassim et des Aravot.

    Cette fiche ne donnera pas de liste simplifiée : elle conduirait un lecteur non formé à déclarer lui-même cachère ou passoul une espèce dans un cas qui demande un examen.

    Le conseil est donc simple et vaut pour tout le monde : il est recommandé d'acheter les Arba'at HaMinim auprès d'une personne fiable et, en cas de doute, de les faire vérifier par une autorité compétente. C'est le genre de vérification qui se fait avant la fête, pas le matin même.

  9. Comment prendre les Quatre Espèces

    Le Choul'han Aroukh décrit le geste : on prend le faisceau dans la main droite, les têtes vers le haut et les bases vers le bas, et l'Etrog dans la main gauche.

    La berakha se récite avant de prendre l'Etrog, afin qu'elle précède l'accomplissement :

    בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ עַל נְטִילַת לוּלָב

    Baroukh Ata Hachem Elo-hénou Mélekh Haolam, acher kidechanou bemitsvotav vetsivanou al netilat loulav.

    Le premier jour où l'on accomplit la mitsva, on ajoute :

    שֶׁהֶחֱיָנוּ וְקִיְּמָנוּ וְהִגִּיעָנוּ לַזְּמַן הַזֶּה

    Chéhé'héyanou vekiyemanou vehigui'anou lazeman hazé.

    On prend ensuite l'Etrog, on le rapproche des autres espèces et l'on accomplit les Na'anouim. Le Choul'han Aroukh donne au même endroit une seconde méthode, tout aussi valable : tenir l'Etrog à l'envers pendant la berakha, puis le remettre dans son sens normal une fois celle-ci terminée. La berakha ne se récite qu'une fois par jour, même si l'on prend les espèces plusieurs fois.

    Le cas du gaucher. Ici, Maran et le Rema divergent, et il faut le savoir. Selon Maran, le gaucher prend le Loulav dans la main droite de tout le monde et l'Etrog dans la gauche de tout le monde : on suit la droite et la gauche universelles, non les siennes. Le Rema écrit au contraire que l'on suit sa propre main dominante, et ajoute que tel est l'usage — et que s'il a inversé, il s'est néanmoins acquitté. Un gaucher séfarade suivra donc Maran, et interrogera son Rav s'il a reçu un autre usage.

  10. Cette année, le premier jour tombe Chabbat

    Le Choul'han Aroukh est explicite : le Chabbat, on ne prend pas le Loulav — et il ajoute « même si c'est le premier jour ».

    C'est exactement le cas cette année : le premier jour de Souccot tombe le Chabbat 26 septembre 2026. On ne prendra donc pas les quatre espèces ce jour-là ; la mitsva commencera le lendemain.

    La raison est celle que nos Sages ont donnée pour le chofar de Roch Hachana : la crainte que l'on ne porte son Loulav dans le domaine public pour aller apprendre auprès de quelqu'un comment accomplir la mitsva. Le Rema précise d'ailleurs que le Loulav est mouktsé ce jour-là, alors que l'Etrog peut être manipulé, puisqu'il est propre à être respiré.

    Deux conséquences pratiques pour ce Chabbat. On ne fait pas non plus le tour de la Téva : le Choul'han Aroukh écrit qu'on ne fait pas les tours le Chabbat et qu'on ne sort pas de Sefer Torah pour cela. Et les recueils marocains rapportent que l'on disait tout de même les Hochaanot du jour, sans entourer la Téva.

    Tout le reste de la fête est inchangé : la Soucca, les repas, le sommeil, le Hallel.

  11. Le premier jour : « Lakhem », à vous

    וּלְקַחְתֶּם לָכֶם — Oulekakhtem lakhem, « vous prendrez pour vous ». De ce mot, nos Sages apprennent que le premier jour, les quatre espèces doivent appartenir à celui qui accomplit la mitsva.

    Le Choul'han Aroukh en tire la conséquence : on ne s'acquitte pas, le premier jour, avec le Loulav d'un ami qui l'a prêté. Et même s'il lui a dit « qu'il soit à toi jusqu'à ce que tu t'en acquittes, puis il redeviendra le mien » — cela ne suffit pas, car cela reste un prêt.

    La solution est le véritable don :

    מַתָּנָה עַל מְנָת לְהַחֲזִיר — Matana al menat lehah'zir, un cadeau donné à la condition d'être rendu.

    Il s'agit d'un don réel, et il vaut comme tel : celui qui reçoit devient propriétaire, accomplit la mitsva, puis rend les espèces. Le Choul'han Aroukh ajoute une exigence qu'il ne faut pas négliger — s'il ne les rend pas, il ne s'est pas acquitté ; et pas davantage s'il ne les rend qu'après le temps de la mitsva. Le retour fait partie du don.

    Les jours suivants, la règle se détend : les disqualifications liées aux défauts ne valent que le premier jour, et un Loulav emprunté permet alors d'accomplir la mitsva.

    Attention avant de donner son Loulav à un enfant. Le Choul'han Aroukh met en garde : le premier jour, on ne donnera pas ses quatre espèces à un jeune enfant avant de s'en être acquitté soi-même. La raison est technique mais la conséquence est concrète — un mineur acquiert, mais il ne peut pas transférer la propriété selon la Torah ; ce qu'il rend n'est donc pas vraiment rendu, et celui qui prend après lui se retrouve sans propriété. L'ordre est donc : les adultes d'abord, l'enfant ensuite. Le Choul'han Aroukh indique aussi qu'en tenant les espèces avec l'enfant, sans qu'elles quittent sa propre main, la difficulté ne se pose pas.

    Cette année, le premier jour tombant Chabbat, on ne prend pas le Loulav ce jour-là. La règle de Lakhem vise le premier jour ; pour savoir comment elle s'applique au jour où l'on prendra effectivement les espèces cette année, on interrogera son Rav. Le conseil qui vaut dans tous les cas reste le même : avoir ses propres quatre espèces, ou les recevoir en Matana al menat lehah'zir.

  12. Les femmes et les Quatre Espèces

    Là encore, il s'agit d'une mitsva positive liée au temps, dont les femmes sont dispensées. Celle qui souhaite néanmoins prendre les quatre espèces peut le faire et reçoit une récompense pour la mitsva.

    Selon la règle de Maran, une femme séfarade prend les quatre espèces sans réciter עַל נְטִילַת לוּלָב. Le Rema rapporte l'usage achkénaze contraire, où les femmes récitent la berakha.

    Netivot HaMa'arav note que certaines communautés marocaines avaient l'usage que les femmes bénissent et prennent le Loulav, comme pour la Soucca, mais que le minhag courant était qu'elles ne récitent pas la berakha et ne prennent pas le Loulav. C'est un usage, et non une interdiction : il est rapporté ici pour ce qu'il est.

  13. Les Na'anouim

    נַעֲנוּעִים — Na'anouim. Après la berakha, on dirige les quatre espèces vers les différentes directions, ainsi que vers le haut et vers le bas.

    Le Choul'han Aroukh décrit le geste : on éloigne la main devant soi et l'on secoue trois fois en allant et trois fois en revenant, puis on incline la main vers un autre côté et l'on recommence, et ainsi pour les quatre côtés, puis vers le haut et vers le bas. L'ordre qu'il donne va vers la droite : est, sud, ouest, nord. D'autres communautés suivent l'ordre du Ari za"l, qui diffère ; il n'y a donc pas d'ordre unique valable partout.

    Le sens de ce geste est simple : nous dirigeons la mitsva vers toutes les directions parce que la royauté d'Hachem s'étend partout, en haut comme en bas.

    Les Na'anouim ne se font pas seulement après la berakha. Le Choul'han Aroukh indique qu'on les accomplit aussi pendant le Hallel : à הוֹדוּ לַה׳, et à אָנָּא ה׳ הוֹשִׁיעָה נָּא — deux fois là où le verset est répété.

  14. Hallel et Hochaanot

    Pendant Souccot, on récite le Hallel complet chaque jour de la fête. Le Choul'han Aroukh le dit expressément : au matin, après la répétition de la Amida, on prend le Loulav, on récite la berakha ainsi que Chéhé'héyanou, et l'on achève le Hallel — et ainsi les huit jours.

    הוֹשַׁעְנוֹת — les Hochaanot. L'usage rapporté par le Choul'han Aroukh est de monter un Sefer Torah sur la Téva et d'en faire le tour une fois chaque jour, et sept fois le septième jour, en souvenir du Temple, où l'on faisait le tour de l'autel. Les tours se font vers la droite.

    הוֹשַׁע נָא — Hocha na, « De grâce, sauve-nous ». Nous demandons à Hachem Sa protection et Sa bénédiction, et notamment l'eau de l'année qui vient : c'est à Souccot que le monde est jugé pour l'eau.

    Le Chabbat, on ne fait pas les tours et l'on ne sort pas de Sefer Torah pour cela.

  15. Hochana Rabba

    הוֹשַׁעְנָא רַבָּא — Hochana Rabba, le septième jour de Souccot.

    Les Hochaanot y prennent une dimension particulière : on fait ce jour-là les sept tours, et l'on multiplie les supplications, notamment pour l'eau. Le Choul'han Aroukh rapporte l'usage d'augmenter le nombre de bougies et de dénouer le lien du Loulav.

    חיבוט ערבה — 'Hibout Arava. Ce jour-là on prend, en plus du saule qui se trouve dans le Loulav, des branches de saule que l'on frappe deux ou trois fois sur le sol ou sur un objet. On ne récite aucune berakha dessus. Le Choul'han Aroukh note que la mesure minimale est infime, mais qu'il est inconvenant de s'en tenir là : l'usage est de faire de belles Hochaanot, au nom de זֶה אֵלִי וְאַנְוֵהוּ — « Voici mon D.ieu et je L'embellirai. »

    Les autres Halakhot de Hochana Rabba ne sont pas développées ici ; elles mériteront leur propre fiche.

Sources

  • Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim, Siman 625 — le verset בסכות תשבו et les Nuées de Gloire
  • Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim, Siman 639 §1 et §2, avec la glose du Rema — תשבו כעין תדורו, le sommeil dans la Soucca, la mesure du kabétsa et les plats des cinq céréales
  • Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim, Siman 639 §3 — l'obligation d'un kazayit de pain le premier soir
  • Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim, Siman 639 §5 et §7, avec la glose du Rema — la pluie, et celui qui sort de la Soucca sans humeur
  • Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim, Siman 640 §1 — les femmes, les esclaves et les mineurs sont dispensés
  • Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim, Siman 640 §4, avec la glose du Rema — la définition du mitsta'er, et la limite de la gêne organisée
  • Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim, Siman 589 §6 — la règle de Maran sur la berakha des femmes pour une mitsva liée au temps ; usage achkénaze différent dans la glose du Rema
  • Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim, Siman 644 §1 — le Hallel complet les huit jours
  • Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim, Siman 649 §5 — les disqualifications ne valent que le premier jour
  • Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim, Siman 651 §1 à §3 — un Loulav, trois Hadassim, deux Aravot ; la main droite et l'Etrog à gauche ; le cas du gaucher selon Maran et selon le Rema
  • Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim, Siman 651 §5 — la berakha avant de prendre l'Etrog, ou l'Etrog tenu à l'envers
  • Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim, Siman 651 §8 à §10 — les Na'anouim, leur ordre selon Maran, et ceux du Hallel
  • Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim, Siman 658 §2 — on ne prend pas le Loulav Chabbat, même si c'est le premier jour
  • Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim, Siman 658 §3, §4 et §6 — לכם, la Matana al menat lehah'zir, et le cas de l'enfant le premier jour
  • Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim, Siman 660 §1 — les tours de la Téva, sept le septième jour, et rien le Chabbat
  • Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim, Siman 664 §1, §2 et §4 — Hochana Rabba, le 'Hibout Arava et זה אלי ואנוהו
  • Yalkout Yossef — Hilkhot Soucca : le kabétsa évalué à dix-huit dirham, soit environ 54 grammes, et le conseil de ne pas calculer au ras de la limite
  • Yalkout Yossef — Hilkhot Soucca : les aliments qui ne demandent pas la Soucca, et l'interdiction de goûter au dehors au milieu du repas
  • Yalkout Yossef — דין השינה בסוכה : le sommeil est une obligation les sept jours et plus rigoureux que le repas ; pas de berakha sur le sommeil
  • 'Hazon Ovadia — Souccot, et les décisions du Rav Ovadia Yossef rapportées dans le Yalkout Yossef, notamment pour la pluie du premier soir et la berakha de celui qui est dispensé
  • Netivot HaMa'arav, Rav Eliyahou Biton — Minhaguei Souccot au Maroc, pour les usages rapportés dans l'encadré

Ces fiches présentent les règles générales. Pour toute situation personnelle ou particulière, il convient de consulter une autorité rabbinique compétente.